L'avantage de travailler au pôle environnement d'Adret est que l'idée de choisir les transports en commun plutôt qu'un véhicule individuel passe bien. La demi-heure d'attente pour la correspondance est avalée avec un café allongé au bar de la Mairie de la Seyne-sur-Mer ou au « John » de l'espace Kennedy. Ce matin par exemple, j'y ai découvert la Chikichiki à la télé avant de commencer ma journée : Ben comment j'aurais appris les phases 3. El Maiquelyason et 4. El Robocop si je venais en voiture ?

Pour convaincre les plus sceptiques que les transports en commun ne sont pas si contraignants que cela, je vous invite à comparer votre trajet virtuel en bus à mon parcours quotidien en 2004/2005 pour travailler à Saint-Denis de la Réunion. En voici le déroulement :

  1. Le réveil à 5h00 laissait juste le temps d'un câlin — et oui je n'ai pas toujours été célibataire dans mon ancienne vie — une douche, une prière et…
  2. Départ de mon ti' case (chemin embourbé en cas de pluie tropicale).
     
  3. Montée à travers le quartier de Fond-de-Puits jusqu'au premier arrêt de bus (25 à 30 mn de marche selon l’humeur).
     
  4. Taxi collectif jusqu'à Saint-Paul (40 mn/1h en cas d'embouteillage à Plateau-Caillou). J’achètais au passage le Quotidien vendu en bord de route. Quelques prénoms de compagnons de route me reviennent : Maxime le sourd, Bernard dit « tablô », Denis le petit bras en route pour l’atelier CAT du Port, Patrick toujours cynique, Mohamed Aliolifa le journaliste comorien… de nous tous je dois être le seul à raconter nos « grands matins » à Croisée l’Hermitage sur RégionJob.
  5. Montée dans le car jaune à la gare routière de Saint-Paul pour Saint-Denis vers 7h15, le B ou le C si retard dû aux embouteillages. Si j’avais 10mn de battement, je prenais un très petit déjeuner (café au distributeur et un pain aux raisin si le snack était ouvert).
  6. Route du littoral, meurtrière après le intempéries, mortellement ennuyeuse toute l'année, plus ordinairement insupportable quand radio Freedom occupe le poste du chauffeur.
  7. Arrivée à l'entrée de Saint-Denis sur le Barachois vers 8h30 selon l'engorgement du trafic.
  8. Débarquement de la gare routière du front de mer vers 8h50, trajet à pied jusqu'au Journal alors situé rue Maréchal Leclerc, à rejoindre absolument avant 9 heures.
  9. Quelques rares salutations amicales au milieu d'un panier de crabe car tout le monde ne commence pas sa journée avec des gros zibzibs ! À peine arrivé, je pensais déjà au bus de 18h00 qui me permettrait de rentrer avant 21h. Fallait pas se rater ! Pendant que le Mac G5 se réveillait dans un souffle de sèche cheveux je relisais la page météo consultée cinq ou six fois avec mon quart de cerveau éveillé dans le bus : fortes pluies en fin de journée ?
  10. Pourvu que la route du littoral soit dégagée le soir après 18h et que l'entrée difficile de Saint-Paul me permette néanmoins d'attraper le dernier taxi collectif pour la Saline-les-Hauts. J’y retrouvais le chauffeur qui, avec sa casquette de San-Kou-Kaï, était persuadé que Dorhasso est le plus grand joueur français après Platini ??? Si je ratais ce dernier convoi, j'étais bon pour 14 km en montée vers Fond-de-Puits à pied. Être pris en stop c'est déjà assez rare, mais après une journée de travail — la chemise pourrie par la pluie et le regard noir en option — vous devinez comment devait s'achever ce dernier tour de manège… Ça me laissait au moins le temps de trouver des tas de joueurs meilleurs que Dorhasso !