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Dann' somin

Cette expréssion créole décrit la situation « On the Road » de celui ou celle qui n'a pas encore trouvé sa place au soleil. On dit aussi dann' fénoir en cas de déprime. Allez, courage !

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jeudi 28 janvier 2010

Le centre RSI et M. le député

Dans ma boîte aux lettres, la carte de vœux de M. Philippe Vitel, député du Var et Vice-Président du Conseil Général. Dans ma boîte en revanche, toujours pas de nouvelles du Régime Social des Indépendants (RSI) dont le Centre parisien administre l'inscription initiale de toutes les professions libérales à l'assurance sociale. Bref malgré ma mutuelle, malgré mes cotisations, je ne suis officiellement toujours pas inscrit à la sécu !

Passent les mois, les courriers en recommandé avec AR et les mises en demeure de traiter mon dossier, nada !

Dans mon dernier courrier je menace de démarrer une procédure avec le soutien d'un élu local : toujours rien.

La carte de vœux tombait à pic et il me fallait encore solliciter le cabinet de mon élu pour secouer à plusieurs le cocotier.
M. Campus, membre de l'équipe de M. Philippe Vitel prend l'affaire à son compte entre deux visites officielles. M'ayant prévenu par téléphone que le centre était difficile à joindre et peu réactif même avec un élu local je devais néanmoins espérer une solution rapide. Moins d'une semaine après je reçois l'attestation attendu DEPUIS LE 8 AOÛT et peut ainsi me faire rembourser mes frais de santé.

Je remercie donc le cabinet du député M. Philippe Vitel et son équipier M. Campus et je lance cet avis aux auto-entrepreneurs et demandeurs d'emploi qui n'en finissent plus de jouer au ping-pong administratif : quand vous avez épuisé tous vos recours, contactez votre député !

vendredi 25 décembre 2009

Petits frères des pauvres, année 3

Je souhaitais participer à Toulon à l'action de Noël des petits frères des pauvres et non plus à Marseille afin de simplifier l'enchaînement avec la suite de la veillée sans les tracas de la circulation d'une cité à l'autre. L'idée de fonds était de participer au moins à une œuvre laïque dans ma ville et le rendez-vous annuel des PFP permettait de réaliser ce vœux.
La préparation est toujours aussi simple et il suffit de se laisser embarquer vers la personne à rencontrer, la magie de Noël fait le reste.

Cette année encore je rendais visite à un très jeune retraité.

Passent quelques longues minutes entre mon appel à la porte, les grognements qui s'ensuivent et le face à face enfin avec Jean-Marc. J'ai une manière d'engager la discussion qui fait un peu VRP — je m'en rends compte après coup — mais ça marche ! La mise en relation préalable avait été parasitée par le dysfonctionnement de son téléphone et il s'était couché avec l'idée que je ne passerais pas et qu'il valait mieux s'endormir en attendant paisiblement un lendemain sans surprise. Il fallait donc débarquer comme le type à mallette qui vous annonce le million de la loterie nationale. Pour faire bling-bling moi aussi j'avais mis la cravate et les pompes qui brillent. L'effet premier fut le rire du genre « Qu'est-ce que c'est que ce pinpin ? » puis une chaleureuse invitation à entrer qu'il faut deviner derrière le « putain je pensais plus ! » l'indice étant les yeux qui brillent fort.

La réalisation de la promesse de la visite déclenche une réelle émotion. C'est vrai pour tout le monde mais en l'occurrence il s'agit là de deux inconnus. Entre nous le sac rouge des PFP remplis de présents qui n'ont de raison d'être que l'engagement fidèle de cette association pour les personnes de plus de cinquante ans vivant seules. Dans cet univers clos entre quatre murs crépis peut-être par un ours, l'homme résiste par amour pour ses filles, par l'amitié qu'il garde pour son ex-femme, par la picole partagée avec un ami qui est toujours plus chantante que celle que l'on achève seul, par les deux chinchillas qui sont des signes d'amour de caractère secondaire mais bien vivants. Le dialogue est vraiment fraternel et drôle. De toute façon un type marié quatre fois a forcément des histoires infinies à raconter et des répliques à la Audiard.

Arrive un ami et voisin, Philippe, armé d'un poulet et d'une bouteille à sabrer. Il chemine dans la vie en compagnon, c'est à dire comme « celui qui partage le pain » avec Jean-Marc. Si la joie de Noël masque quelques réalités quotidiennes, elle révèle en revanche la meilleure part de la fraternité, celle qui empêche de devenir des « âmes froides. »

Je me retire avant le repas et promets de chanter Adeste Fideles en pensant à eux au cours de la veillée de Noël à la cathédrale de Toulon. On m'avait dit « pas de chocolat avant le chant car il se colle aux cordes mais en revanche un petit blanc pour la voix » : Là, j'étais prêt !

jeudi 22 octobre 2009

Ce que le blog emploi m'a apporté…

La proposition de Flavien Chantrel en mars 2007 de tenir un blog m'avait emballé de suite car cela donnait une image plus humaine à mes candidatures et me permettait surtout de raconter les aléas de ma recherche d'emploi. Je ne ciblais pas les employeurs prioritairement mais plutôt les demandeurs d'emploi en traitant avec légèreté et de préférence avec des billets courts des sujets plus ou moins gênants : le manque d'argent, la dévalorisation de soi, le profil bas dans une société de séduction, les singularités relationnelles qui parasitent le monde du travail, le marché de l'emploi et comment notre comportement lutte ou s'adapte, etc.

Avoir des retours sur mes billets était essentiel car le dialogue comblait un vide. En effet, il n'est pas évident de déballer ses histoires de chômage entre amis et si les meilleurs d'entre eux écoutent attentivement leur intérêt est logiquement très éloigné des préoccupations d'un demandeur d'emploi. L'intérêt du travail consiste aussi à développer la sociabilité et l'expérience. Ces atouts marquent une discussion et ne pas pouvoir les cultiver plombe notre relationnel. Le blog emploi permet de tester sa capacité à interroger, à partager clairement ce qui nous enthousiasme tout en se déchargeant virtuellement du poids d'une situation sociale défavorable.

Puis les engagements bénévoles ont "mangé" le blog non seulement parce qu'ils devenaient les sujets le plus lus ici mais surtout en raison du temps que j'y consacrais en dehors de mon travail. Forcément la consultation a baissé et je me suis décentré du pôle de préoccupation des blogueurs. Je maintiens pourtant cette nouvelle ligne car l'engagement bénévole me paraît salutaire pour notre société1 et particulièrement structurant pour soi et pour son entourage.

Avec ma nouvelle activité en auto-entrepreneur je confirme qu'étant de plain pieds dans un cadre de vie ultra-libéral (je suis adhérent à l'Union Patronale du Var) il est essentiel de témoigner toujours des réalités de la basse-ville de Toulon car cela découle aussi de la situation désastreuse de l'emploi des jeunes en particulier.

PS : J'oubliais un aspect marginal mais assez apprécié de mon blog : le bêtisier Pôle Emploi !

1 : "La cité de l'homme n'est pas uniquement constituée par des rapports de droits et de devoirs, mais plus encore, et d'abord, par des relations de gratuité, de miséricorde et de communion." Benoît XVI, Caritas in Veritate, Introduction.6

jeudi 8 octobre 2009

Bingo !

J'ai obtenu gain de cause avec Pôle Emploi et peux désormais me concentrer sur mon affaire. C'est quand même plus sain !

mardi 29 septembre 2009

Celui qui commande c'est CARL (ou Hal 2009 selon la traduction) !!!

Est-ce le dénouement de mon affaire ou un sursis en attendant la nouvelle pierre d'achoppement ? J'ai reçu un appel d'une médiatrice de Pôle Emploi alertée par l'agence de Toulon Est de mon intention de saisir le Tribunal Administratif après le Médiateur National et le Ministre du Travail.
Résultat ?
J'avais raison !
Pôle Emploi est bien obligé de calculer le maintien partiel de l'ARE si vous déclarez mensuellement votre chiffre d'affaire. Je n'ai jamais douté de mon propos mais j'ai quand même eu une brochette d'agents qui m'ont menacé de ne plus être indemnisé si je ne remplissais pas un formulaire que la médiatrice a avoué être un document interne pour faciliter le calcul de nos indemnités en retirant simplement un forfait automatique
et permettre au logiciel de les traiter à la volée.

Voilà, Flavien, Fabrice, Franck et toutes celles et ceux qui m'ont soutenu la raison pour laquelle j'ai mangé un repas de pâtes aux olives par jour en septembre (et encore je zappe le pire). Pôle Emploi est dirigé par un logiciel qui n'a pas les options correspondantes au dispositif légal et les agents préfèrent nous classer tous d'office dans ses options restreintes plutôt que de traiter nos dossiers selon le règlement. Mais même avec cette explication je ne sais toujours pas pourquoi mes indemnités très réduites ont été versées très tard dans le mois (merci au passage à la Banque Postale pour le coup de pouce ponctuel qui m'évite d'être en froid avec les impôts et mon bailleur).

J'ai parcouru des forums sur le sujet et suis consterné par les collègues auto-entrepreneurs qui relaient la version de Pôle Emploi selon laquelle le forfait s'applique obligatoirement. On m'a reproché d'être trop procédurier mais maintenant que les méthodes sont découvertes j'imagine que d'autres lanceront des procédures bien plus zélées que la mienne.
Au fait je ne saisis pas le Tribunal administratif sous réserve que Pôle Emploi régularise ma situation de suite. Ce n'est pas encore gagné, le site est saturé ce qui empêche la saisie nos actualisations et on attendra que CARL finisse son p'tit déj.

jeudi 17 septembre 2009

Le flou total !

J'ai reçu cette nuit le virement de l'ARE et remporte ainsi une première manche face à l'administration de Pôle Emploi Toulon Est. Un formulaire soit disant indispensable pour être indemnisé devait me faire passer dans un dispositif différent de celui prévu pour le maintien de l'ARE des auto et micro-entrepreneurs. Limite chantage, non ? J'ai refusé de le signer et apparemment Pôle Emploi consent à appliquer la règle quand même.

Je me méfie car dans la foulée j'ai aussi ouvert hier un courrier de l'agence qui m'annonce dans l'un que je suis radié depuis le 8 août (date de la création de mon entreprise) et dans l'autre que mes droits à l'ARE sont pris en charge à partir du 10 septembre !!!

Et du 8 août au 10 septembre j'ai fait quoi ? Un courrier envoyé au médiateur nationale de Pôle Emploi n'a pas eu de réponse ou peut-être que ce versement est la réponse, qui sait ? Sans nouvelle j'ai écrit au Ministre du Travail et contacterai Lundi le Médiateur de la République nouvellement installé à Toulon. Bah je prospecte aussi pour ma boîte mais vu le temps et les kilos qu'ils m'ont déjà fait perdre je ne vais pas lâcher l'affaire en cours. C'est loin d'être fini dans le sens où l'agence de Toulon semble dépassée par sa mission d'accompagnement des demandeurs d'emploi testant une activité en auto-entrepreneur.

Si vous êtes dans une situation proche de la mienne et avez signé le formulaire pour auto et micro-entrepreneurs, contactez-moi. Ce formulaire est un véritable déni de notre statut car il implique de devoir présenter des justificatifs validés par un expert comptable pour pouvoir être indemnisé plutôt que de déposer simplement une attestation sur l'honneur pour déclarer son chiffre d'affaire. Notre régime simplifié nous exempte justement de devoir produire de telles pièces (rappel : livre de recettes et d'achat, factures clients et fournisseurs et basta !).

Bien inspiré j'ai contacté une conseillère début septembre en faisant croire que j'avais déposé ce formulaire. Quand je lui ai exposé l'incompatibilité de ce formulaire avec le dispositif auto-entrepreneur elle m'a répondu avec certitude :
— Mais Monsieur vous avez signé ! Maintenant c'est comme ça.

Ok on va voir si c'est comme ça. En tout cas le versement opéré cette nuit semble dire que je ne me suis pas tellement trompé sur ce coup.

mardi 8 septembre 2009

Et Pôle Emploi n'assure pas !

source : http://www.yazerty.netNormalement le matin j'arpente les zones d'activité de Toulon et environs pour présenter mon travail et décrocher des commandes. Du commercial en somme. Pas ce matin. Je dois courir à la banque pour expliquer que je n'ai aucun revenu à part mon petit chiffre d'affaire d'août parce que Pôle Emploi n'a tout simplement pas versé les indemnités prévues dans le dispositif du maintien partiel de l'ARE pour les demandeurs d'emploi qui s'installent en auto-entrepreneur. Ok, le but c'est de ne plus avoir à faire à Pôle Emploi mais sont-ils pour autant obligés de nous dégoûter ? C'est un peu le mot qui me vient.

J'avais pourtant tout préparé comme il faut mais le doute persistait. Pôle Emploi allait-il assurer dans le suivi administratif de mon passage en auto-entrepreneur ?

Le dispositif du maintien partiel de l'Allocation Retour à l'Emploi (ARE) était pourtant clair :

  1. Vous déclarez sur l'honneur votre chiffre d'affaire du mois au Centre de Formalité des Entreprises (CFE-URSSAF) et la même attestation sur papier libre à Pôle Emploi,
  2. Sur la déclaration en ligne vous mettez 1 heure 1 € et c'est le signal que vous êtes auto-entrepreneur. Bip bip ! Pôle Emploi recalcule et verse votre ARE en fonction de votre déclaration et contrôle en fin d'exercice avec le CFE-URSSAF si tout correspond.
    Dak ?
    Dak !

Ben non. Pôle Emploi n'assure pas et le versement de l'ARE n'a tout simplement jamais été ordonné. Il n'est pas en cours non plus !!!

Je supplie mes bailleurs et le centre des impôts de bien vouloir être compréhensifs sur le coup. Là j'ai un bout de coquille en travers de la gorge et la suite risque d'être assez nulle. J'imagine déjà l'agent d'accueil de Pôle Emploi dépassé par le truc et de toute façon pas très concerné. Ce n'est pas ce matin que je vais trouver un nouveau client. Quant aux coquilles, ben ça risque d'être mon plat quotidien. Merci pour l'accompagnement des créateurs d'entreprise Pôle Emploi !

Si par malheur vous êtes dans mon cas réagissons ! J'ai un gros rendez-vous cet après-midi mais je dois aussi faire le point avec l'assistance juridique de l'Union Patronale du Var. Je vous en dirai plus. Pour la banque j'ai demandé un coup de pouce exceptionnel. On verra comment ça se boucle.

samedi 22 août 2009

À la cool

J'ai eu mon formateur AFPA au téléphone pour vérifier une dernière fois la validité de mes factures, devis et bons de commande. En fait il n'y avait rien à vérifier mais avant de monter sur les planches on demande n'importe quoi du genre je suis bien coiffé là ?

Numéro SIRET en poche je n'attends plus que ma carte de visite et vaille que vaille. Pour celles et ceux qui sont à Pôle Emploi et qui envisagent la même tentative avec le statut d'auto-entrepreneur, je vous conseille le maintien partiel de l'ARE qui vous permet de garder l'intégralité de vos indemnités en cas de chiffre d'affaire mensuel nul ou de la voir réduite — un peu mais pas trop — en cas de chiffre d'affaire plus important (attention à ne pas dépasser 70% de votre ancien salaire brut ayant servi à calculer votre ARE).

Bref il n'y a pas photo entre cette solution et l'autre aide proposée qui consiste à vous verser 1 quart du restant de vos droits de suite et l'autre quart dans 6 mois. Et la moitié qui reste ? bip bip bip bip… Vous avez compris la combine. Bref choisissez le maintien partiel de l'ARE et roulez tranquille. Si au début on ne se bouscule pas pour vous faire travailler vous mangez et payez votre loyer quand même — mesure limitée toutefois à 15 mois maxi, mais ça laisse le temps de faire son trou non ? Ben ouais j'ai dis au début c'est à la cool, après…

jeudi 6 août 2009

L'étoile du matin

On a tous, paraît-il, une bonne étoile. La mienne se lève et se couche comme le soleil. Et quand elle ne se voit pas, elle ne se voit pas. Jusque là c'est compréhensible et même un peu long quand c'est la nuit — dann' fénoir en créole.
Le plus étonnant c'est quand elle se montre et se cache dans la même journée. Je visite le service des impôts ce matin : elle n'a pas vraiment brillé à ce moment là. J'ai même dû annuler une croisière en Méditerranée prévue la dernière semaine d'août — un beau rendez-vous qui me tenait à cœur — mais qui m'obligeait à lâcher le gouvernail de mon projet professionnel pour bronzer entre gens biens sur un voilier. Classe certes ! Mais avec des impôts de célibataire aux fesses et la rentrée en ébullition qui se profile ça fait tout de suite pas très malin de prendre le large même sur invitation solennelle. Je dirais surtout sur invitation solennelle où on ne la ramène pas avec ses histoires de couacs administratifs. Bref la belle dernière semaine estivale tombe à l'eau mais c'est mieux de laisser couler l'été plutôt que de se noyer soi-même, non ?

Dans la même matinée aussi je reçois la réponse pour ma proposition de logo à la Cathédrale Sainte-Marie-de-la-Seds : Chiche pour le 15 août !!! Voici donc en avant-première notre Avocate des Toulonnais toute mimi relookée et officialisée THE DAY qui va bien car l'assomption, come vous le savez peut-être, c'est LA fête de Notre-Dame-de-la-Seds-et-d'ailleurs, d'ailleurs. 
Je ne sais pas si ça compense la balade en voile, et je sens que vous êtes dubitatifs… Mais bon, dans la balance je suis quand même fier d'avoir apporté ma patte à un monument historique classé. Ok c'est vrai, j'aurais pu faire les deux.

Notre-Dame-de-la-Seds, Toulon, août 2009.

vendredi 24 juillet 2009

Le complexe de Moïse

C'est l'histoire d'un type à qui il arrive des trucs incroyables et surnaturels au possible.

Mais voilà qu'au moment de faire le job, ce Monsieur Moïse ressort son gros complexe de langue hyper lourde (Exode 4 v.10). Il y a toujours un truc qui fait l'effet boulet et même le Créateur ne peut rien y faire. C'est au gars de régler son truc seul. Heureusement dans l'histoire le frangin Aaron vient à son aide. La classe !

Me voilà exactement dans la situation du patriarche qui voit s'ouvrir des portes bien verrouillées mais qui, au moment d'entrer sur le terrain cherche lamentablement The Excuse pour se défiler poliment. Sauf que dans mon cas il n'y a personne d'autre que moi à sauver et surtout pas de frangin à l'horizon pour tenir la béquille.

Miserere nobis. Là il faut vraiment que je me morde la langue pour décrocher ma première prestation facturée et abandonner mon ancienne vie de travailleur salarié. Le tric truc trac, Moi ? Jamais !

vendredi 5 juin 2009

En atendant la Rolex

J'ai pris rendez-vous à l'Union Patronale du Var pour le dispositif de la "couveuse d'entreprise" en espérant y trouver des clés de compréhension. Le statut d'auto entrepreneur ne cache-t-il pas des buggs ? comme par exemple le prélèvement libératoire (mensuel ou trimestriel) de l'impôt y compris pour les revenus qui s'avèreraient finalement non-imposables ? Ce prélèvement est-il effectivement non régularisable ?

lundi 9 mars 2009

Cash Management

Créer son activité équivaut à changer de peau lorsque l'on a toujours été salarié — même dans les pré-incarnations de mes aïeuls figurez-vous… Pour parvenir à mes comptes, je vais ressortir une bonne vieille recette qui m'a deux fois sauvé la mise : l'AFPA !

Les conseils de quelques référents sur Toulon sont utiles mais la gestion reste une nébuleuse difficile à focaliser avec ma tit-tit' lunette. J'ai donc rendez-vous ce Vendredi au pôle emploi pour intégrer une formation à la gestion d'une création d'entreprise avec, en ligne de mire, mes premières prestations facturées à la rentrée 2009 au plus tard. Dans mes plans divinatoires antédiluviens je fixais cette échéance à l'horizon 2010, mais compte-tenu des difficultés actuelles des petites entreprises à embaucher, le créneau à l'air très favorable pour un maquettiste non-salarié. L'étude de marché dira si c'est jouable ou pas et l'avenir si c'était une bonne idée.

Pour ceux qui sont concernés, l’APCE propose en téléchargement Ciel Auto-entrepreneur Facile (un utilitaire gratuit de gestion et de comptabilité dédié aux auto-entrepreneurs). Le site de l'agence pour la création d'entreprise propose également d'autres outils et conseils bien ciblés. À suivre.

mardi 23 décembre 2008

Petits frères des pauvres, année 2

J'ai embarqué un ami et collègue de travail — Ben — pour accompagner des personnes âgées suivies par les petits frères des pauvres à Marseille la nuit de Noël.
Lui a réveillonné avec une dame de 85 ans tandis que je me rendais chez un « jeune » de 60 piges, Alain.
Sa table était dressée pour trois (j'étais sensé venir avec une collègue réunionnaise qui s'est désistée), les luminaires habilement répartis dans une ambiance tamisée, le sourire chaleureux, la coupe Mike Brandt bien entretenue depuis plus de trente ans et le regard « à la Bernard Tapie » — dixit Alain himself mais c'est vrai !  — prêt à allumer la première plaisanterie…
Les photos des parents absents (décès, ruptures ou indifférences familiales) disposées en ostensoirs dans le séjour semblent observer notre fraternité alternative. Elle est un pied-de-nez aux circonstances de la vie qui ont amené les bénéficiaires à entrer en relation avec les petits frères des pauvres et les bénévoles à se trouver là en une nuit où l'on devrait plutôt s'occuper à s'envoyer des cuisses de dinde par-dessus la table familiale. Alors certes Alain m'a fait déboucher un peu plus de bouteilles que prévu pour entendre sa voix de ténor transpercer les parois de son impeccable meublé. Sa timidité l'empêche de chanter en public et vous ne l'entendrez pas puisque je n'ai rien enregistré, c'était donc un récital pour moi seul. La qualité d'accueil des bénéficiaires des petits frères des pauvres est remarquable si l'on recoupe le témoignage de Ben et le mien. Qui parmis ceux qui lisent ce billet inviterait un inconnu le soir de Noël, même s'il venait avec le sac à dos rouge des petits frères des pauvres ? Ce n'est pas le colis alimentaire et le cadeau que l'on apporte qui vont forcer le sourire mais bien la bonne volonté de ses personnes qui, ayant perdu beaucoup, ont appris à saisir ces trop courtes rencontres intergénérationnelles. Ces instants sont perçus comme les métopes d'une frise racontant la fidélité renouvelée des petits frères et la qualité de leur soutien à long terme.
Je ne pouvais pas retourner au repas commun du lendemain à Marseille, et Alain m'a fait promettre de me rattraper pour la fête du 21 juin. Avec plaisir.
Un grand salut à Ben car il a accepté de partager le réveillon d'une vielle personne isolée avec le même enthousiasme que lorsqu'on file à un concert de Tiken Jah Fakoly, un film italien ou une sortie kayak. Pour le réveillon du 24 ou le repas du 25 décembre 2009, je vous embarque avec moi ?

jeudi 17 juillet 2008

Où je me suis vu derrière la vitre d'un car jaune sur Google Earth...

L'avantage de travailler au pôle environnement d'Adret est que l'idée de choisir les transports en commun plutôt qu'un véhicule individuel passe bien. La demi-heure d'attente pour la correspondance est avalée avec un café allongé au bar de la Mairie de la Seyne-sur-Mer ou au « John » de l'espace Kennedy. Ce matin par exemple, j'y ai découvert la Chikichiki à la télé avant de commencer ma journée : Ben comment j'aurais appris les phases 3. El Maiquelyason et 4. El Robocop si je venais en voiture ?

Pour convaincre les plus sceptiques que les transports en commun ne sont pas si contraignants que cela, je vous invite à comparer votre trajet virtuel en bus à mon parcours quotidien en 2004/2005 pour travailler à Saint-Denis de la Réunion. En voici le déroulement :

  1. Le réveil à 5h00 laissait juste le temps d'un câlin — et oui je n'ai pas toujours été célibataire dans mon ancienne vie — une douche, une prière et…
  2. Départ de mon ti' case (chemin embourbé en cas de pluie tropicale).
     
  3. Montée à travers le quartier de Fond-de-Puits jusqu'au premier arrêt de bus (25 à 30 mn de marche selon l’humeur).
     
  4. Taxi collectif jusqu'à Saint-Paul (40 mn/1h en cas d'embouteillage à Plateau-Caillou). J’achètais au passage le Quotidien vendu en bord de route. Quelques prénoms de compagnons de route me reviennent : Maxime le sourd, Bernard dit « tablô », Denis le petit bras en route pour l’atelier CAT du Port, Patrick toujours cynique, Mohamed Aliolifa le journaliste comorien… de nous tous je dois être le seul à raconter nos « grands matins » à Croisée l’Hermitage sur RégionJob.
  5. Montée dans le car jaune à la gare routière de Saint-Paul pour Saint-Denis vers 7h15, le B ou le C si retard dû aux embouteillages. Si j’avais 10mn de battement, je prenais un très petit déjeuner (café au distributeur et un pain aux raisin si le snack était ouvert).
  6. Route du littoral, meurtrière après le intempéries, mortellement ennuyeuse toute l'année, plus ordinairement insupportable quand radio Freedom occupe le poste du chauffeur.
  7. Arrivée à l'entrée de Saint-Denis sur le Barachois vers 8h30 selon l'engorgement du trafic.
  8. Débarquement de la gare routière du front de mer vers 8h50, trajet à pied jusqu'au Journal alors situé rue Maréchal Leclerc, à rejoindre absolument avant 9 heures.
  9. Quelques rares salutations amicales au milieu d'un panier de crabe car tout le monde ne commence pas sa journée avec des gros zibzibs ! À peine arrivé, je pensais déjà au bus de 18h00 qui me permettrait de rentrer avant 21h. Fallait pas se rater ! Pendant que le Mac G5 se réveillait dans un souffle de sèche cheveux je relisais la page météo consultée cinq ou six fois avec mon quart de cerveau éveillé dans le bus : fortes pluies en fin de journée ?
  10. Pourvu que la route du littoral soit dégagée le soir après 18h et que l'entrée difficile de Saint-Paul me permette néanmoins d'attraper le dernier taxi collectif pour la Saline-les-Hauts. J’y retrouvais le chauffeur qui, avec sa casquette de San-Kou-Kaï, était persuadé que Dorhasso est le plus grand joueur français après Platini ??? Si je ratais ce dernier convoi, j'étais bon pour 14 km en montée vers Fond-de-Puits à pied. Être pris en stop c'est déjà assez rare, mais après une journée de travail — la chemise pourrie par la pluie et le regard noir en option — vous devinez comment devait s'achever ce dernier tour de manège… Ça me laissait au moins le temps de trouver des tas de joueurs meilleurs que Dorhasso !

dimanche 15 juin 2008

À la Saint-Laurent…

©Dominique Razafindrazaka

- Le téléphone avec le répondeur c'est 50 centimes d'euros Messieurs.
- Va te faire enculer. Ta merde vaut 20 centimes !
- Pardon ?
- 20 centimes !
- Ben vous le posez et ciao !
- 20 centimes !
- Bonne journée.

Je reprends calmement le combiné du téléphone-répondeur et le pose au milieu des vieilleries flanquées depuis 30 ans de la mention « propriété de l'état » sur leur petit socle en bakélite. Trois énormes appareils bruns dessinés par le Docteur Gang encombrent encore le stand que je garde en attendant le retour de Marius. On en a pourtant bradé des objets à 20 centimes d’euros depuis l’ouverture de la brocante de la Fraternité Saint-Laurent à 9h, mais sans se faire insulter pour si peu.

L’opération commençait la veille pour ceux d’entre nous qui remontions de la crypte les fauteuils, vélo d’appartement et autres téléviseurs de bazar. J’en ai les bras bleus sans pouvoir accuser précisément ni le congélateur ni les grands panneaux rouges du stand « élec ». La cage à oiseaux maculée de fientes séculaires est hors de cause.

Mon carré regroupait tout ce qui ressemblait à une chaise plus des cadres de tableaux et quelques étagères — qu’est-ce que le pneu faisait là ? On ne le saura jamais. Un superbe salon et une armoire donnée par des voisins s’y disputaient la vedette avec un couple très flashy de fauteuils en skaï jaune rayonnants sous le cagnard de juin à 5 euros la paire.

Arrive une très jolie brune avec sa tête intelligente qui m’impose un difficile exercice de flegme devant son copain silencieux mais pas dupe. Je leur vends une paire de cadres à 1 euro et retourne écouter les méditations improbables du moulin à parole qui squatte mes chaises depuis le début d’après-midi en me demandant — le nez dans sa chemise à carreaux couverte d’un pull à col en V — deux ou trois cafés pour compenser les piqûres de morphine du matin. La météo donne une température extérieure de 26° C pour 200° C sous ses bras !

Bienvenue à Toulon basse-ville ! On pourrait y voir l’engagement bénévole comme une alternative au boulot quand on est au chômage mais visiblement ça dure, même aujourd’hui après plusieurs mois à Adret, l’enthousiasme est intact. Il y a bien un moment entre midi et deux où je me suis imaginé en mer tirant sur le tentacule d’un poulpe récalcitrant ou soulevant des méduses à coups de rames sur un kayak au large du Brusc, au large de tout, mais les sollicitations pour une glacière à 4 euros vendue finalement 1,50 ramènent au présent. Au fait, le congélateur familial à 30 euros n’est pas parti : quelqu’un est intéressé ?

samedi 16 février 2008

Fin du mercato d'hiver !

Le mercato d'hiver prend fin avec un heureux coup de théâtre, exactement comme au foot quand un recrutement se fait au nez et à la barbe des journalistes sportifs apprenant l'affaire deux heures avant la clôture du marché. Ma promesse d'embauche à Saint-Raphaël pour le 18/02 n'était accompagnée d'aucune garantie écrite et mes prétentions salariales n'étaient assurées qu'au terme de deux périodes de CDD. De plus travailler sur des projets réunionnais m'intéressait mais le côté « retour en arrière » m'a fait passer quelques mauvaises nuits tout de même.

Arrive sur le marché une agence locale dont l'offre correspond non seulement à mes critères, mais qui en outre garantit au salarié un cadre de travail et une politique de management très proche de mon univers associatif. Premiers contacts, première journée… je signe ! Moi qui n'avais aucune offre sérieuse en deux ans, je dois entièrement ce changement de statut et la mutlipication des offres intéressantes à ma formation AFPA et à mon stage en DAO à l'atelier La Traverse. le relationnel a beaucoup joué mais derrière il fallait assurer. C'est reparti !

Cette bonne nouvelle annonce aussi la fin de ce blog. J'étais très heureux d'y poster régulièrement des billets et de recueillir vos réactions, vos encouragements. Merci infiniment à Fabrice et Flavien pour la qualité de la tenu de ce réseau. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont suivi ce petit blog (Fabrice, Flavien, Sylve Isis, Jessyca, Touline, Carlos, Franck61, Christian, Loredana, Carole, Plume, Léonie, Momo, Magalie, Vincent, Delphine, Florella, Bakou, Gilles, Béa, etc.

Je pense à chacune et chacun en vous souhaitant un emploi durable, gratifiant et motivant.

Blessings ! Dom ;)

samedi 9 février 2008

GOOAAALLLL !!!!!!

Je commence le 18 février comme dessinateur PAO DAO et suivrai un plan de formation pour devenir à moyen terme collaborateur d'architecte. Un simple coup de fil de mon formateur m'a mis en relation avec un cabinet ayant déjà embauché un stagiaire AFPA. L'entretien me permettait d'espérer m'investir dans des préoccupations professionnelles plus « nobles » que celles de la publicité de presse. Enfin ! Reste le déménagement, le champagne à servir cette semaine pour celles et ceux qui m'ont soutenu… La liste est courte, mais que ces âmes sont belles !

Plusieurs signes préparaient l'heureux événement :

  • D'une tape sur l'épaule, Cyrile, le papa Mantovani, m'a encouragé d'un simple : « Hé Dom, tout ne peut pas toujours rater ! »
  • Le vieux Georges m'a confié la veille de l'annonce de mon embauche qu'il a vu en me croisant deux bonnes nouvelles : celle du travail retrouvé et une autre que je garde pour moi.
  • J'ai tenu toute la nuit de Mercredi à Jeudi dans la chapelle de l'oratoire sans penser au foot
  • Le HTV a battu Nancy dans un match au suspens incroyable élevant encore la température du palais des sports de Toulon déjà bouillonnant dans les prolongations du quart de finale de la semaine des as (Nancy avait égalisé d'un tir à 3 points à la dernière seconde du dernier quart-temps).
  • J'ai couru un aller/retour de Mayol au sommet du Fort Cap Brun Vendredi sans m'arrêter, prouvant ainsi que le chocolat de Noël est définitivement digéré et après une tentative risible pour l'ascension de ND de Mai la semaine précédente.
  • J'ai fait ma première manutention comme bénévole avec le Secours Populaire de Toulon Vendredi matin.
  • Il fait beau dans le Var.

lundi 15 octobre 2007

Single Life [virtual celebrity]

Qu'avez-vous fait de vos 20 ans et où étiez-vous pendant que Thierry Henry égalisait le record détenu par Platoche de 41 buts en sélection ?


 En direct de Thorshavn (Îles Féroé)

J'aurais bien aimé réussir tant de choses si jeune — tiens, ça me rappelle une réplique de Romain Duris sur les 24 trucs qu'il sait faire « mais faire vraiment » à 30 ans en comptant « danser paso-doble » et « réussir la béchamel »… Pour l'Antillais des Bleus il faut ajouter « ouvrir le pied droit et placer le ballon hors de portée du gardien adverse — Mikkelsen pour le coup ».
Et moi ? J'en réussi combien des trucs à presque trente trois ans ?
Et bien sachez qu'en l'absence de travail salarié je prépare sur mon ordi une équipe type pour fêter mon jubilé virtuel — bientôt deux ans à l'ANPE !!! Je n'ai mis dans ma Dream Team que des Italiens pour faire luxe, gomina et attirer l'attention des jolies filles. C'est que, sur Mac comme sur PC, je suis pixellistiquement le noumbé ouann' !
©Dominique Razafindrazaka sauf le visuel détourné de l'équipe d'Italie tiré de la version démo de ©PES 3

samedi 14 juillet 2007

Qui surveille qui ? Les ultra-terrestres parlent aux extra-terrestres…

J'ai reçu un collector en ce début d'été. Mais j'ai vite déchanté sur la valeur originale de mon billet lorsque mon pote Nicolas m'a dit que tous les demandeurs d'emploi Toulonnais reçoivent traditionnellement une lettre de radiation ou de menace de radiation abusive pour fêter ce début de période estivale. Comme cette lettre sort singulièrement de l'ordinaire je me permets de la partager avec vous — non pour lapider l'ANPE car plusieurs billets sur ce blog prouvent que je défends le service public de l'emploi — mais pour profiter de la publicité de ce blog pour prendre à témoin les internautes de Région-Job. Alors qui surveille qui ? Vous apprécierez la mention d'un courrier imaginaire daté du 06/07 pour une convocation en date du 05/07 : Désormais, les ultra-terrestres parlent vraiment aux extra-terrestres… Si vous avez des anecdotes aussi farfelues vous pouvez les transmettre à Isis qui collectionne les témoignages paranormaux de notre recherche d'emploi si peu ordinaire. Bonne lecture ! Quoique, il y a mieux comme lecture…

Précisions : La conseillère citée travaille dans une autre agence (proche de mon ancien domicile) et ,par précaution, j'avais maintenu le rendez-vous du 05/07 avec elle car je devinais que mon déménagement allait causer un bug administratif. Bien vu ! Ensuite je me suis rendu spontanément dans la nouvelle agence d'affectation en l'absence de courrier de convocation. On n'est jamais assez prudent, jamais assez !

jeudi 12 juillet 2007

L'air de rien

À Sylve Isis

Ma saganecdote se passe en 2003 à la Réunion :

J'avais les cheveux long et la queue de cheval finissant en étoupe, la chemise auréolée de sueur sous les premières grosses chaleurs de l'été tropical, le pantalon ample aux franges de la friperie. L'air de rien donc, j'avais déposé mon CV dans la boutique commerciale d'une agence de publicité par l'objet. Quelques jours plus tard le boss me donnait rendez-vous au siège dans le Sud de l'île un Samedi à 10h pour éviter les encombrements de la semaine.

Sa mine bonhomme sort du 4x4 décoré d'adhésifs mêlant Safari-Club et calligraphies orientales. Je l'accompagne pour sa tournée de l'atelier de poignées de main en tapes sur l'épaule. J'y découvre la découpe des adhésifs, le tirage des transferts pour les textiles, le secrétariat et le stock destiné à l'atelier mauricien.

L'entretien court brièvement sur le profil de poste et laisse place à une démonstration de bonne gouvernance par la semi-délocalisation :

Écoute mon p'tit, je vois que t'as des engagements associatifs humanistes, me dit-il d'un œil fixe, l'autre rebondissant sur la rubrique « divers » de mon CV. Tu sais moi, les tiers-mondistes, je veux leur expliquer comment je sauve des emplois ici en France. Quoi qu'il faudrait que je l'explique aussi aux élus locaux. On me reproche quoi ? De faire le gros de ma production à Maurice ? Mais les zozos si je peux assurer les salaires de mes secrétaires, graphistes et commerciaux c'est bien parce que j'économise au tiers-monde !
On veut m'en empêcher ? OK mais on ferme tout ici et je fais tout là-bas !

La démonstration se poursuit sur fond de géopolitique Safari Club. D'arabesques en moulinets, l'entretien rebondit enfin sur mon cas personnel :

— Alors t'es RMIste, non ? ben tu gardes ton statut en bossant ici. La compta te paie du Lundi au Mercredi mais l'activité couvre la semaine. Là, tu vois deux ou trois bidouilles le Samedi mais c'est rare. Tu commences Lundi ?

Je me lève, salue poliment sans toutefois répondre à la question, jette un dernier regard vers le graphiste à la découpe en fond d'atelier et ressors étonné de trouver les tables des restaurants déjà occupées. Deux heures d'entretien quand même !

L'arnaque

jeudi 3 mai 2007

Tomber de Charybde en Scylla

scylla.png

À quoi bon Se sortir d'un mauvais tourbillon pour risquer d'échouer sur un rocher plus menaçant encore ? Rapportant cette expression marine au sujet de ce blog, comment faire pour que le parcours d'un demandeur d'emploi de longue durée ne le fasse pas tomber de Charybde en Scylla ?

Scylla, Gourde à reliefs, Apulie, ive siècle av. J.-C., BNF, Monnaies, Médailles et Antiques, De Ridder 899 (De Janzé 159).

« D’un côté attendait Scylla et de l’autre Charybde terrible, engloutissant la saumure de mer. Quand elle la vomit, comme un chaudron sur un grand feu en mugissant elle bouillonne toute ; et de l’écume jaillit et couvre les deux cimes des écueils. Mais, quand elle engloutit la saumure de mer, elle apparaît dans le dedans troublée, et le rocher tonne terrible autour ; tout en bas apparaît le fond de sable sombre ; et la peur prit mes gens. Nous regardions ainsi de son côté, craignant la mort, et cependant, Scylla ravissait au profond navire six compagnons, les meilleurs et les plus forts. »
Odyssée, XII, 235-246.

sources : « Le voyage d’Ulysse et ses interprétations »

BNF