« Voilà encore pourquoi je vous ai dit que je n’avais rien, nulle œuvre
en suspens, les quelques choses que je vous ai présentées constituant
les lambeaux que j’ai pu regagner sur le néant complet. »
Antonin Artaud à Jacques Rivière, Le 5 juin 1923.
En décembre 2006 j'avais bénévolement assisté les responsables marseillais de http://documentsdartistes.org pour la mise à jour de leurs cahiers d'artistes régionaux afin de garder la main sur InDesign. Les arts plastiques restent une vocation toujours en gestation : ils m'invitent à penser autrement, à rendre présente une idée, un concept — un rien même ! — dans l'univers des formes. Ça pourrait se limiter à de la com' mais c'est ontologiquement très différent. - oooôh doucement minot, où tu vas là ?
Je reprends… j'y ai donc découvert des personnes étonnantes comme Erik Samakh ou Denis BRUN pour en citer des « connus ». Mais l'objet de ce billet est de vous proposer une œuvre d'Olivier GROSSETÊTE qui ne laissera aucun d'entre nous indifférent pour peu que l'on connaisse la même accumulation de lettres de motivations, ces mêmes liasses de papiers qui composent notre « Montgolfière ou ascension sociale » (2006)…
Au commencement était le verbe. Et avant le commencement ?
Les arts plastiques sont un univers de sens dont les média sont… plastiques — donc maléables selon le philosophe Alain Chareyre-Méjan. Le sens donné au choses opère peut-être déjà dans la matrice. Birthday flip représente cette anima (âme) par le mouvement dans un espace confiné et encombré (ici des ballons de baudruche). C'est lumineux comme un anniversaire et le joyeux tohu-bohu muet de cette animation mime l'étrange fiesta primaire, même.
J'aime bien terminer mes phrases comme Duchamp même si on ne comprend pas toujours ce que ça apporte.
J'ai retrouvé, onze année après l'avoir sortie, cette eau-forte sur cuivre — réhaussée d'un monotype d'encre à gravure sanguine, terre de Sienne brûlée et blanc de zinc — représentant le vieux Jorge de Burgos de l'abbaye bénédictine où se déroule l'intrigue du Nom de la Rose d'Umberto Eco (le roman est édité en 1980, et le film de Jean-Jacques Annaud en 1986).
Le collectif circassienTotolacaille regroupait les diplômés de l'École Nationale Supérieure des Arts du Cirque (ENSAC). Les coulisses de leur dernier spectacle donné aux Sablettes à la Seyne-sur-Mer le Vendredi 02 février 2007, c'est aussi l'écurie gardée par un bann' Tikok.
PS : N'ayant jamais mangé de fourrage je ne saurais dire si cela est si excitant…
Je fourrage Tu fourrages Il fourrage Nous fourrageons Vous fourragez Ils fourragent
Je partais aux aurores en car jaune pour travailler à Saint-Pierre de la Réunion. Les silhouettes des « coupèr cann' » coiffés de leur chapeau de paille étaient taillées dans la lumière matinale. Il me restait moi aussi quelques kilomètres à avaler à pieds avant de rejoindre l'imprimerie. C'est dans le souvenir de ces cheminements que m'est venue cette figure à contre jour.
On est des milliards d'adeptes de cette aventureuse manière de procéder. Je m'y suis donc collé avec des ballons gonflables de couleur et une bache en plastique pour recréer visuellement un espace encombré. Muni d'un simple appareil photo numérique j'ai filmé en balladant mon ersatz de caméra sous cette couverture de plastique. Comme une rencontre imprévue d'étranges images colorées constituaient les photogrammes de ce qui ressemblait à une merveilleuse gesticulation intime - rien qu'ça j'vous jure m'dame !
Il me restait à sélectionner les photogrammes les plus intéressants et de monter une vidéo en boucle. Comme je l'ai sur un disque gravement malade je ne vous la montrerai pas ici - oohh!!! - mais seulement une reproduction de la frise de présentation qui suit.
Les arts plastiques permettent d'avoir les doigts dans le cambouis et de trouver au hasard des taches une inspiration nouvelle. Dans cette étrange cuisine apparaît quelquefois une virgule imprévue, celle d'une queue de chat ignorant sans doute les secrets de mes meilleurs plats exotiques.
Les œuvres accrochées au Bar à Vin Le Hippone pendant le mois de mars - 113 Rue de la Carreterie à Avignon - présentent une seule figure intitulée « Même » qui se décline en dessins, collages, peintures et assemblages. Découpe modulaire faite d'unités carrées, elle se décline librement et ne représente rien sinon elle-même. L’accrochage au Hippone met en évidence un travail en série né du vase clos de l'atelier. Le vocabulaire artistique employé dans ces « Mêmes » pose les principes d’un parcours en gestation. C’est la fonction même de cette toute première exposition. Les visiteurs et clients du Hippone trouveront en journée ainsi qu’au cours des soirées organisées au mois de mars cette série sur laquelle on peut librement deviser et projeter ses propres inspirations. Le bar à vin me semblait ainsi un lieu très approprié où l’idéal serait de provoquer sur le zinc les déclinaisons poétiques et éphémères de cette figure même.
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